Lancement de la trilogie La Naissance d’une nation en un seul volume chez Recto/Verso

La naissance d’une nation, ce n’est pas rien…

C’est sans doute ce que mes lecteurs ont compris, eux qui, depuis maintenant trente ans, continuent de lire et d’acheter mon ouvrage portant ce titre.

C’était en 1981. En réponse aux grands romanciers russes dont j’étais féru et qui ont défini l’âme de leur peuple, j’avais décidé, moi, de définir l’âme canadienne-française.

Mais j’avais compris que cette singulière entreprise nécessiterait que je confère une dimension universelle au quotidien du plus modeste de mes personnages parce que l’Histoire est l’œuvre des hommes et des femmes du peuple. Ce sont eux qui entretiennent la mémoire vivante du passé avant que les historiens en fassent théorie et cours magistraux. Aussi, n’ai-je pas enseigné l’histoire du régime français (1534 à l760), mais plutôt raconté cette dernière à travers la vie de mes différents héros pendant ces 226 années.

Avant de courir les bibliothèques, dans le Bas-du-Fleuve je vivais à l’orée d’un village reclus que je ne fréquentais guère. Cependant, on me voyait souvent, posé sur un rocher poli par les siècles, en train de regarder par delà le Saint-Laurent la silhouette des Laurentides. Dans ces longs moments de belle solitude, j’imaginais les gens de tous ces villages qui faisaient tache blanche dans le bleu des montagnes.

Sans le savoir, déjà j’écrivais la vie de Thérèse, Marie et Émilienne qui allaient composer ma trilogie. J’ai ensuite en quelque sorte grandi avec elles.

La question de ce que j’appelle la vraie vie (qui a donné le titre de mon premier roman, La vraie vie de Tina Louise) a toujours été au centre de mes réflexions. Selon l’écrivain espagnol, Fernando Pessoa (1888-1935) elle n’est pas celle qu’on mène, mais celle qu’on invente. À partir d’études de mœurs de ces temps difficiles et en parallèle avec un fort souci d’exactitude historique, j’ai donc inventé la vie de ces trois femmes, leur courage, leurs misères, leur bonheur, leurs amours et leur famille, depuis la fondation de Ville-Marie.

Je me suis en somme fait le mémorialiste de plus de deux siècles de notre histoire.

Le premier volet de cette saga fut publié sous le titre de Vadeboncoeur (qui allait devenir Thérèse) en l982.

BourdonCaron-lancementLa suite appartient aussi à l’histoire, celle peu banale d’un livre, puis d’une trilogie, publiée par 8 éditeurs différents au cours des 31 dernières années au Canada comme en France.

Lundi le 11 novembre, au Monument National, fut le lancement de la dixième édition de La naissance d’une nation, par les éditions Recto/Verso cette fois. L’ouvrage paraît en seul volume de plus de 1350 pages : une prouesse et une première dans l’édition québécoise.

Et ça, je ne l’ai pas inventé…

 

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