singuliere-amitie« Ma singulière amitié avec Simenon », un récit, qui commémore la mémoire de Georges Simenon décédé il y 25 ans, est celui d’une passion : la littérature. Lecteur insatiable, l’écrivain Pierre Caron y dévoile son parcours et les multiples rencontres qui l’ont mené à sa relation exceptionnelle avec le plus grand romancier du XXe siècle (dixit André Gide) qu’il a visité à différentes reprises et avec lequel il a entretenu une correspondance publiée intégralement ici pour la première fois. Prenant bien garde de ne pas réinventer le personnage Simenon, il en présente la face cachée, la plus attachante, la plus près de ce que l’immense écrivain fut en retrait de sa renommée, de ses tragédies, de ses extravagances.

« Le livre de Pierre Caron n’est pas qu’une sorte de guide touristique-littéraire, très loin de là: c’est un récit initiatique fort bien écrit, dans une langue franche, simple et bien pesée, avec des cris du cœur, des joliesses émouvantes. » Claude Duneton

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AVANT-PROPOS

Si l’amitié se mesure à l’impact profond de la bienveillance d’un être sur un autre, que de surcroît, cette bienveillance est soutenue dans le temps, et que l’autre n’a rien à gagner en retour, on peut sans prétention dire de cette relation qu’elle est une expérience humaine exceptionnelle.

Par sa réponse généreuse lorsque j’ai osé lui écrire, par sa façon de me considérer durant tout le temps de notre correspondance qui a duré des années non pas avec condescendance mais comme s’il s’adressait à un véritable confrère, moi qui étais alors bien loin d’appartenir au métier, par son hospitalité toute simple lorsque je l’ai visité à quelques reprises chez lui, par son attitude générale à mon endroit, Simenon a accueilli mon amitié. Sans que je ne sollicite quelque réciprocité, il m’a, dans ses lettres, gratifié de « sa vieille amitié » à laquelle il me priait de croire.

Simenon n’avait aucunement besoin de moi. Sa carrière prodigieuse étant déjà, à cette époque, derrière lui, mais il était encore en pleine gloire et il aurait pu se montrer agacé des attentions d’un admirateur un peu naïf venant d’outre-Atlantique et m’éconduire poliment. Or, sans me prendre sous son aile, sans m’assujettir et me mettre le pied dans son sillon, sans m’imposer quoi que ce soit, il a véritablement endossé, de mon point de vue, le rôle d’un ami, allant même jusqu’à m’ouvrir les portes de sa retraite à Lausanne. Le poids des réminiscences de son séjour québécois à Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson, dans un moment capital de sa vie aurait-il inconsciemment influé sur notre relation? Mon accent, mon audace innocente et mes mots lui auraient-ils rappelé une certaine amitié interrompue? Je l’ignore, mais plus les années passent, plus je mesure le mystérieux pouvoir de cette amitié que je développais comme un dessein intellectuel. Elle m’a permis de croire que derrière le mur des contraintes quotidiennes, se trouve véritablement une réalité: la littérature. On ne peut se faire écrivain sans y croire alors que c’est ce qu’il y a de plus difficile. Ce doute m’a dicté l’obligation ardente d’écrire à Simenon. Notre relation épistolaire m’a installé dans une réalité littéraire où je ne rêvais plus d’être écrivain mais travaillais à le devenir.

En me donnant de son temps et de sa personne, Simenon aura été un des êtres déterminants de mon existence. Il m’a enseigné à donner aux moindres choses de la vie un relief significatif. M’aura-t-il, moi qui estimais le monde fait pour d’autres et dans lequel je me dépêtrais si mal, donné le goût de m’accorder à moi-même? Sans doute.

Je suis arrivé à lui par ses œuvres, lesquelles ont provoqué ensuite notre correspondance et nos échanges. Il a incarné ce merveilleux qui chassa mes derniers relents de pragmatisme devant le projet fou d’une carrière d’écrivain.

Depuis son décès, il y a maintenant vingt cinq ans, j’y reviens régulièrement, et je n’ai de cesse d’y découvrir d’étonnantes corrélations entre ses personnages et les réflexions qui m’occupent depuis toujours.

Je n’aurais pas vécu ma vie de la même manière sans sa singulière amitié.

Dossier de presse

Entrevue avec Marie-France Bornais | Le journal de Québec | 5 avril 2015 Lire ici

Article de Maurice Gagnon | Le placoteux | 4 avril 2015 Lire ici

Critique d’André Maccabée | Cité Boomers | 4 février 2015 Lire ici