On est où, là?

Les hommes adoptent la coupe Tintin. Les femmes opposent leurs bas résille aux temps froids. Les téléphones portables se comptent au nombre des moyens de survie. Les réseaux sociaux remplacent l’Almanach du peuple, les bulletins paroissiaux, les lettres, le confessionnal, et ce, souvent dans une langue qui mystifie la réalité.

Les jeux vidéo sont devenus des films interactifs et les égos-portraits, des photos d’égo sans la moindre petite gêne.

Bientôt les voitures se conduiront elles-mêmes, l’Internet fera l’éducation des enfants, les mariages auront atteint leur date d’obsolescence et les différentes professions, celle de péremption.

Les politiciens ne gouvernent plus, mais flattent l’électorat pendant que le coût du pétrole fait chuter le dollar en même temps que hausser le prix à la pompe.

Des épidémies de bicyclettes envahissent les artères des grandes villes de manière agressive pour marquer des points, le cinéma d’auteur cède la place à celui d’hauteur jamais atteinte en effets spéciaux, les films catastrophes remplacent ceux du septième art et les superhéros ont remplacé les héros. .

Le terrorisme a sorti la guerre des tranchées pour l’amener dans les rues et l’on se bat contre des soldats sans nom qui se font exploser.

Mais on est où là?

Vous souvenez-vous des réunions dominicales, des baptêmes dans le silence à odeur d’encens, des stationnements en surface avant qu’on ne les enterre sous des immeubles qui grattent le ciel, des pharmacies avant que le comptoir des ordonnances soit relégué au fond d’hypermarchés, de l’équipe de hockey des Canadiens quand on pouvait encore prononcer le nom des joueurs?

Du temps où les éditeurs avaient encore un rapport littéraire avec leur métier, que le livre était réflexion davantage qu’improvisation à l’aulne du commerce, que nos librairies subventionnées offraient de la littérature de chez nous au lieu de 85% de littérature d’ailleurs?

Quand la musique était harmonieuse et les artistes davantage chanteurs et musiciens que personnages de magasines glacées? Quand on allait aux urgences pour se faire soigner plutôt que pour attendre et que les médecins de famille n’étaient pas obligatoirement des marathoniens de la pratique médicale, qu’il leur arrivait même d’avoir le temps de s’entretenir avec les patients?

Où on est là?

En 2016 a dit le nouveau premier ministre canadien.

COMMENTAIRES (2)
Répondre

J’adore ce texte, quelle prise de conscience qui laisse des regrets du temps où . . . .

Répondre

Bonjour Pierre .
Quelle belle réflexion sur les temps qui courent …pour aller où ?
Maryline de Rodez dans l’Aveyron

Laisser un commentaire

Commentaire (requis)

Vous pouvez utiliser ces balises HTML et leurs attributs : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

Nom (requis)
courriel (requis)