Quelque_chose_1Christiane souffrait de maux de ventre, mais qui n’en a pas eu un jour ? Elle était épuisée, mais un déménagement pouvait expliquer cette fatigue. Quand elle reçoit le diagnostic, cancer à un stade avancé, l’incrédulité est sa première réaction. Les traitements ne lui laisseront pas le choix : elle devra se battre pour survivre. L’auteur décrit les soins reçus ainsi que les souffrances de Christiane. Il relate le combat que tous deux livrent contre la panique, le désespoir, la colère et le sentiment d’impuissance. Une seconde évaluation est inexorable : aucun progrès ; pire, le cancer a métastasé. Christiane décide d’accepter la mort en soins palliatifs. Elle s’y détache graduellement du monde et ne décide de tout abandonner que lorsque son mari lui dit qu’elle peut partir. Elle lui répondra : « Alors, maintenant, je vais dormir… »
Récit émouvant d’un homme qui revoit son passé avec sa femme et refuse de l’abandonner à la maladie et à la mort, d’un couple amoureux qui se bat contre le cancer, d’une femme qui rend les armes après un combat courageux. Chacun se reconnaîtra dans ces personnages pétris d’universalité et sera renvoyé à son propre destin, tant le texte est riche de vérité humaine.

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AVANT-PROPOS

Dans la vaine attente d’un événement qui me redonnerait le bonheur de vivre, je demeure coi. Des heures durant, le jour et souvent la nuit, paralysé dans mon deuil je regarde ses photos sur le mur de mon bureau. Chaque fois que mes yeux s’arrêtent dans ses yeux, je me perds en réflexions déraisonnables je refuse de croire qu’elle ne reviendra pas. Comme si à m’attarder dans ces longs moments avec elle, je pouvais me permettre de croire que le pire n’est qu’illusion

Je dis son nom, mais elle ne répond pas.

Alors, aujourd’hui, un lundi pluvieux de novembre, je m’y mets.

Cette nuit à 3h15, mon portable a sonné, pour rien, et je n’ai pu me rendormir. Quand le soleil va monter, il va célébrer les images de Christiane, une bonne douzaine que j’ai disposées dans deux cadres. La voici adolescente avec une sorte de méfiance dans le regard, puis jeune femme à la beauté épanouie ; avec nos deux fils, le cadet sur ses genoux, l’autre debout, une main sur l’épaule de sa mère ; souriante en robe de mariée…

J’ai commencé plusieurs fois. Des bouts de phrases et même quelques paragraphes. Puis j’ai abandonné, jeté ces brouillons.

Christiane est morte dans mes bras le 8 juillet dernier (2013) alors que les dernières lueurs du jour filtraient dans la chambre, lumière à la fois très légère et triste, un peu. Un éclairage qui déjà donnait à son visage des teintes qu’il n’avait jamais eues.

Je ne l’ai dit à personne, mais je conserve la photo prise à la seconde qui a suivi son dernier soupir. Pourquoi ? Pourquoi, puisque je suis incapable de la regarder ? C’est que depuis j’ai tant voyagé dans ma tête que je ne sais plus où j’en suis.

Après avoir reposé mon portable sur la table de chevet cette nuit, j’ai fait le ménage dans mes émotions. Ce matin, ma décision est sans réserve : je vais écrire la dernière vie de Christiane. Celle du temps de mourir, dix mois d’un espoir menteur jusqu’à ce qu’elle me confie, sans aucune révolte dans sa résolution :

Quand j’en aurai fini de me réconcilier avec l’idée de ma mort, je vais dormir.

Et un lundi de grand soleil, à quinze heures très exactement, en harmonie avec ses propos, elle m’a annoncé :

C’est maintenant. Je vais dormir. Et dormir…

Je me suis étendu tout contre elle, je l’ai pressée contre moi et j’ai fermé les yeux. Même couché, j’ai chancelé, un flot de larmes voulant forcer la barrière de mes paupières.

Mais j’y reviendrai, car avant il y a eu le temps du corps qui s’estompe dans le lent processus d’un combat perdu d’avance. Et pour paraphraser Georges Simenon, tout ce que je raconterai ici est vérité, ce qui ne veut pas dire que tout soit exact.

Dossier de presse

Article de Paul-François Sylvestre | L’express | 21 avril 2015 Lire ici

Critique de Chrystine Brouillet | Salut bonjour week-end | 22 novembre 2014 Lire ici

Chronique de Stanley Péan | Les libraires | Décembre 2014 – Janvier 2015 Lire ici